Chère lectrice, cher lecteur,

Au début je me suis dit : « Bizarre ! ».

Car très peu de personnes ont répondu à ma proposition de découvrir la nouvelle méthode de soin par le « jeûne CTG ».

…J’étais vraiment étonné. Et puis j’ai réfléchi…

Dans le climat actuel, QUI a envie de démarrer un jeûne ?

QUI a envie de se lancer dans cette thérapeutique souvent perçue comme contraignante, difficile à suivre, voire…dangereuse ??

« On subit déjà le coronavirus, le confinement qui n’en finit pas, les masques, etc. et il faudrait s’infliger un petit supplice en plus en se lançant dans un jeûne pénible, qui risque de nous affaiblir… »
Vu comme ça, évidemment…

Mais je crois que cela souligne surtout le grand malentendu qui existe autour du jeûne.

 

Fabuleuse aventure intérieure

Il est vrai qu’envisager sérieusement de se soigner par le VIDE apparaît comme un sérieux paradoxe dans notre monde du toujours plus

Et pourtant… le jeûne est un accompagnateur de l’aventure humaine depuis l’origine !

Car beaucoup l’ont oublié, mais notre corps n’est PAS fait pour manger deux, trois, voire quatre fois par jour !

Au contraire, l’organisme humain a été « pensé » pour gérer l’alternance de périodes de famine et d’abondance.

Ce mécanisme a été déterminant pour la survie de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs, alors que les fruits, les baies ou les tubercules (glucides) n’étaient pas disponibles toute l’année.

C’est aussi ce qui a permis les conquêtes humaines les plus ahurissantes, comme celle des étendues enneigées des Zones

Nordiques, où la nourriture était quasiment absente… 
Et puis le jeûne comporte aussi une dimension spirituelle unique.

Les yogis le voient comme un acte de purification, les chamans, comme une étape indispensable dans la quête de la « vision ».

Il est aussi une pratique courante chez les chrétiens, et dans la Bible sont mentionnés des jeûnes de trois, sept, ou quarante jours.

Voilà pourquoi il me semble qu’aujourd’hui, dans un monde rendu fou par la pandémie, se lancer dans l’aventure du jeûne, c’est peut-être trouver le moyen de se faire du bien ET de se recentrer.

En se focalisant sur une fabuleuse aventure intérieure

 

Le jeûne libère LA supersource d’énergie

Car le jeûne est le moyen le plus fascinant de libérer…LA supersource d’énergie qui est en nous.

Le corps humain a en effet la capacité unique, lorsque ses réserves de glucose sont épuisées (après 24 heures sans nourriture) de convertir les lipides (graisses) en énergie.

Ces lipides sont « dégradés » en corps cétoniques, notamment en « bêta-hydroxybutyrate », une substance utilisée par le cerveau lors d’une carence en glucose. 

Il faut savoir que les corps cétoniques sont la seule substance énergétique, avec le glucose, qui peut être utilisé par notre cerveau, notre cœur et nos muscles, pour fonctionner.

Point intéressant, découvert par les chercheurs de la Harvard Medical School : « le bêta-hydroxybutyrate n’est pas une source d’énergie comme les autres, mais une supersource d’énergie, qui protège les neurones lorsqu’ils sont exposés, dans des cultures tissulaires, à des toxines associées aux maladies d’Alzheimer ou de Parkinson »1 !!

Les scientifiques ont découvert que le bêta-hydroxybutyrate stimule l’effet des antioxidants, augmente le nombre de mitochondries (qui fournissent l’énergie nécessaire aux cellules) et favorise la prolifération des neurones.

D’autres recherches ont également montré que le jeûne avait des effets positifs sur la perte de poids, la dépression, le diabète et la préservation de la masse musculaire.

 

Faire le vide pour soigner les maladies du « trop »

On le voit : le jeûne est donc une réponse particulièrement efficace à ces pathologies du « trop » qui épuisent nos organismes : allergies, rhumatismes, maladies auto-immunes, hypertension, diabète, cancers, dégénérescence cérébrale…et qui ont toutes un lien direct avec l’alimentation ou l’exposition à des produits chimiques.

Et c’est ainsi que le jeûne, contrairement à l’idée reçue, vient renforcer l’immunité en favorisant l’autophagie, ce processus qui consiste à évacuer et nettoyer les éléments pathogènes intracellulaires mais aussi des déchets, organites, ou protéines non fonctionnelles ou défectueuses de l’organisme.

De manière générale, l’autophagie joue un rôle direct dans l’évacuation d’agents viraux quand ils se présentent.

Mais le processus d’autophagie permet aussi de soutenir la santé des cellules immunitaires et d’inhiber les réactions inflammatoires2.

Pour le cardiologue et nutritionniste Frédéric Saldmann, le jeûne « booste nos défenses immunitaires en augmentant l’autophagie qui élimine les cellules malformées, malades ou mortes, génératrices de maladies. L’adopter revient à s’accorder une sorte de purification de l’intérieur, à pratiquer un nettoyage de l’organisme ».

60 jours de jeûne !

C’est grâce à ce processus que notre organisme parvient à réduire les douleurs des maladies chroniques et inflammatoires, telles que l’arthrose, arthrites, rhumatismes, gastrites, colite, etc.

C’est notamment ce qu’a montré une étude suisse de 2017 qui a montré qu’un jeûne de 8 jours seulement donnait des résultats majeurs sur la réduction de la douleur, la fonctionnalité des articulations ou encore la qualité de vie de personnes souffrant d’arthrose3.

Une hypothèse pour expliquer ce résultat est que le jeûne permettrait de réduire la perméabilité intestinale4.

Le jeûne pourrait agir directement sur les muqueuses intestinales et leurs jonctions serrées qui, si elles deviennent perméables, laissent passer dans le sang des nutriments, bactéries ou déchets non désirables, pouvant être à l’origine d’inflammations à tous les niveaux de l’organisme.

L’Association Kousmine France5 explique qu’un adulte en bonne santé de 1m70, pesant 70kg, peut jeûner sans risque jusqu’à… 40 jours ! D’autres affirment que l’on peut tenir 60 jours de jeûne…

Pour ma part, je dirais que ce n’est pas ce qui compte.

L’important est de comprendre que notre organisme est non seulement capable d’adaptation, mais plus encore, qu’il réclame cette situation d’exception qu’est le jeûne – même sur une durée très courte – pour livrer le meilleur de lui-même.

Santé !

Gabriel Combris

 

Sources :

1. In Dr David Perlmutter, Ces Glucides qui menacent notre cerveau.

2. Didac Carmona-Gutierrez1, Maria A. Bauer1, Andreas Zimmermann, et al., « Digesting the crisis: autophagy and coronaviruses », Microbial Cell, Vol. 7, No. 5, pp. 119 – 128; doi: 10.15698/mic2020.05.715

3. Drinda S.a · Franke S.b · Schmidt S., et al., « AGE-RAGE Interaction Does Not Explain the Clinical Improvements after Therapeutic Fasting in Osteoarthritis », Complement Med Res, 2018;25:167-172, https://doi.org/10.1159/000486237

4.Tommy Sundqvist,Folke Lindström,Karl-Eric Magnusson et al., « Influence of Fasting on Intestinal Permeability and Disease Activity in Patients with Rheumatoid Arthritis », Scandinavian Journal of Rheumatology ,Received 05 Mar 1981, Published online: 12 Jul 2009, https://doi.org/10.3109/03009748209098111

5. https://www.kousmine.fr/le-jeune-pourquoi-comment/