Chère lectrice, cher lecteur,

Vous excuserez j’espère, ce titre assez grossier.

Ce sont toutefois les mots exacts employés par un « respectable » médecin, infectiologue au CHU de Dijon, à propos de la maladie de Lyme.

Une maladie « de merde qui n’existe pas » d’après lui.

Certes, il ne s’agit pas du premier praticien qui continue à nier l’évidence, et à accuser les malades de Lyme d’inventer leurs maux.

Mais celui-là aurait fait preuve d’une telle agressivité, lors de consultations qui ont eu lieu entre avril 2015 et janvier 2019, que cinq de ses patients ont porté plainte [1].

D’après leur avocat, dès qu’ils affirmaient souffrir de la maladie de Lyme, la réponse de ce médecin était toujours la même : « Vous n’avez rien, c’est dans votre tête».

Une plaignante raconte qu’il aurait déduit « d’une simple auscultation » et « sans regarder les analyses biologiques » qu’elle n’avait pas la maladie de Lyme mais qu’elle était « dépressive ».

Tristement classique, là-encore.

D’autres évoquent un médecin « devenu agressif », explosant contre cette « maladie de merde qui n’existe pas », conseillant de « consulter en psychiatrie » ou de « quitter son cabinet », sans qu’aucun soin n’ait été prodigué.

Pour l’instant, la plainte a été enregistrée par le tribunal de Dijon, et je suis bien curieux de savoir quelles seront les suites données à cette affaire.

Mais quoi qu’il arrive, il faut en mesurer la gravité : continuer à nier l’existence de la maladie de Lyme, c’est enfermer les patients dans une souffrance qu’on pourrait (qu’on devrait) parfaitement leur épargner !

Vous êtes malade ? On vous envoie les gendarmes !

Vous vous souvenez peut-être du cas du jeune Yannick Schraen, élève en première scientifique au lycée de la Malassise, à Longuenesse, dans le Nord, qui a raconté dans un livre intitulé « Onze mois d’enfer » comment le corps médical l’avait abandonné à Lyme [2].

Les premiers symptômes se déclarent en 2013 alors qu’il n’a que 12 ans: « Ça a commencé par un état grippal » puis, d’autres symptômes apparaissent : perte du goût, perte de poids, migraine, perte de mémoire, paralysie et grosses difficultés à marcher.

Dix mois plus tard, Yannick pèse 29 kg, ne marche plus. Il est aux portes de la mort. Sa mère, elle, fait le rapprochement avec la maladie de Lyme, mais les médecins refusent de l’écouter.

« C’est dans sa tête » lui répond-on alors qu’on envoie son fils en pédopsychiatrie, et que la maladie…continue ses ravages.

« J’ai failli mourir parce que les médecins ont laissé traîner les choses et la maladie a continué à évoluer. » explique Yannick qui dénonce au passage « l’arrogance et le manque d’humanité des médecins ».

Il faut dire qu’on n’aura rien épargné à Yannick ni à sa famille : dénonciation aux services sociaux, audition de son père, visite des gendarmes à la maison, pressions psychologiques etc.

Ce n’est qu’en faisant la rencontre du professeur Christian Perrone, infectiologue et spécialiste des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital de Garche, que Yannick sera enfin pris en charge et soigné pour ce qu’il avait : la maladie de Lyme.

Pas un « problème dans sa tête ».

Quatre mois plus tard, le jeune garçon remarchait

La maladie qui « imite toutes les autres »

La nouvelle affaire du CHU de Dijon montre hélas que la maladie de Lyme est encore trop méconnue et sous-estimée par une partie des médecins.

On connaît pourtant son origine : les bactéries du genre Borrelia burgdorferi, qui appartient à la famille des spirochètes, tout comme la bactérie de…la syphilis, et qui sont transmises par les piqûres d’insecte, en particulier les tiques.

Plus inquiétant, la bactérie pourrait se transmettre d’être humain à être humain ! Par la grossesse, l’allaitement, la transfusion sanguine et aussi… la voie sexuelle ; la Borrelia a en effet été identifiée dans le sperme et les glaires vaginales.

Lorsqu’elle est transmise par piqure, il faut souvent se fier pour la constater à « l’érythème migrant », la rougeur qui grandit progressivement autour de l’endroit de la morsure.

Or, premier problème, dans plus d’un cas sur deux, cette rougeur n’apparaît pas.

Pourtant les bactéries sont bien là, et elles s’infiltrent dans tous vos organes, tous les tissus de votre corps, y compris les os.

Elles attaquent ainsi tous les systèmes, dont le système nerveux, le cerveau, entraînant des lésions potentiellement graves et surtout très variées, avec à la clé paralysies, fatigues chroniques accablantes, douleurs articulaires, troubles cardiovasculaires, troubles psychiatriques,…

Lorsque l’infection devient chronique, la maladie de Lyme peut être confondue avec quasiment toutes les maladies.

C’est ce qui explique pourquoi la borréliose est parfois surnommée « la grande imitatrice », et pourquoi on pense que dizaines de milliers de personnes seraient mal diagnostiquées par la méthode classique, le test Elisa, celui qu’on demande en première intention en France.

C’est notamment l’avis du Dr Christian Perronne, qui a soigné le jeune Yannick Schraen [3] :

«  Le test Elisa ne détecte que trois espèces de borrélies sur une vingtaine, avec de plus une proportion élevée de cas où ce test reste négatif malgré la maladie.

Selon les estimations, ces faux négatifs représenteraient jusqu’à…60 à 70 % des tests !

Et le plus aberrant, c’est que quand le test ELISA est négatif, les médecins et laboratoires français n’ont pas le droit de poursuivre leurs investigations avec un autre test, le test Western Blot, beaucoup plus fiable !

S’ils le font quand même, pour essayer d’aider leur patient, l’Assurance-Maladie se rappelle à leur bon souvenir…

Ainsi, la biologiste strasbourgeoise Viviane Schaller a été condamnée à 280 000 euros d’amende pour « escroquerie » et « exercice illégal de la pharmacie » parce que son laboratoire d’analyse médicale abaissait les seuils de positivité des tests ELISA et effectuait des tests Western Blot [4].

Aux Etats-Unis, en revanche, non seulement le médecin est libre de prescrire le Western-Blot malgré un Elisa négatif, mais il a même le devoir de dire à son patient qu’un test négatif n’est pas la preuve qu’il n’est pas infecté !

Face à l’inertie des autorités Françaises, certains chercheurs ont développé un nouvel outil de détection : la PCR (Polymerase Chain Reaction).

Cet examen permet de déceler la présence de différents types de Borrelia dans nos tissus et non simplement les anticorps.

Le Professeur Luc Montagnier, prix Nobel de médecine, cherche à mettre au point un nouveau test qui permettrait de détecter les traces d’ADN de Borrelia en captant les ondes émises sur les échantillons prélevés (sang, liquide céphalo-racidien…) [5].

Et alors que les tiques infestées par la borrelia prolifèrent aujourd’hui en France, on se demande QUAND les autorités vont adapter les protocoles officiels.

Agir contre Lyme

En attendant qu’elles le fassent, on conseillera surtout d’agir.

En prévention, d’abord.

Lors de vos promenades en forêt et dans les sous-bois, notamment entre avril et septembre, portez des chaussures montantes, des vêtements longs et fermés, en évitant les zones humides, les hautes herbes, les fourrés.

Après la promenade, bien inspecter tout le corps et le cuir chevelu, pour repérer et retirer d’éventuelles tiques. Pensez aussi à bien examiner les animaux qui sont venus prendre l’air avec vous.

Une étude menée aux Etats-Unis a montré qu’en prenant une douche dans les 2 heures suivant la promenade, on réduisait de 60% le risque de contracter la maladie de Lyme. Tout simplement parce que c’est le meilleur moyen de repérer une tique, et que les tiques n’aiment pas l’eau chaude.

Lorsque vous repérez une tique sur la peau, retirez-la avec une pince à tique (pince-fine, tire-tique, crochet-O-Tom) en faisant une légère rotation. Bien vérifier que la tête de la tique soit partie.

Si la maladie est diagnostiquée

Lorsque la maladie de Lyme est diagnostiquée, les médecins commencent par vous faire subir une cure d’antibiotiques, qui peut durer un mois : bêtalactamines (amoxicilline), cyclines (doxycycline) ou macrolides (azithromycine).

Compte tenu de l’effet perturbateur des antibiotiques sur la flore intestinale [6], il est conseillé de prendre des probiotiques en parallèle pour la reconstituer.

Le foie, qui assure la détoxification de l’organisme et l’évacuation des déchets (dont les médicaments), devra être soutenu par l’équipe habituelle des protecteurs hépatiques (romarin, artichaut…).

Stratégie naturelle contre Lyme

Un des grands spécialistes mondiaux du traitement de Lyme, le Dr. Richard Horowitz, médecin interniste dans l’Etat de New York, a guéri en 30 ans plus de 12 000 patients atteints de la maladie, en suivant un protocole essentiellement basé sur des plantes et des huiles essentielles : ce protocole intègre notamment 30 à 60 gouttes par jour d’un mélange de cumanda, de banderol, d’enula et de samento (griffe du chat).

Je signale au passage que vous retrouverez sur le site de l’association Lyme sans Frontières [7] le questionnaire d’autodiagnostic sur Lyme mis au point par le Dr Horowitz (voir le lien dans les sources).

C’est aussi avec les huiles essentielles que le pharmacien Français Bernard Christophe, décédé en 2016, obtenait contre Lyme des résultats excellents.

Son remède naturel, le Tic Tox, testé avec succès sur des milliers de malades, a cependant été…interdit par l’agence du médicament [8], et il n’est aujourd’hui distribué qu’en Allemagne ou en Autriche.

A défaut de Tic Tox, on peut appliquer un trio d’huiles particulièrement efficaces contre Lyme : sarriette, girofle et camomille sauvage.

Le mélange doit être appliqué sur la piqûre de la tique.

Mais on peut aussi l’utiliser ultérieurement en cas d’échec de l’antibiothérapie, à raison de quelques gouttes à prendre matin et soir au cours des repas pendant 3 à 4 mois au minimum.

L’armoise annuelle, elle, est reconnue pour agir sur la borréliose mais aussi sur la babésiose. (à prendre en décoction)

Un autre protocole efficace est celui de l’herboriste l’américain Stephen Buhner, qui a obtenu 75% d’éradication de la maladie sur un échantillon de 700 malades [9].

Le protocole de base comprend la renouée du Japon (1 à 4 gélules de 500 mg, 3 à 4 fois par jour pendant 8 à 12 mois, la griffe du chat (1 à 4 gélules de 500 mg, 3 à 4 fois par jour pendant 2 à 3 mois, ensuite 2 à 3 capsules 3 fois par jour), l’astragale de Chine (1000 mg par jour au lever et à midi, ne pas utiliser pour la forme chronique de la maladie) et l’éleuthérocoque (1/2 à 1 cuillère-à-café d’extrait fluide au lever et à midi).

En homéopathie, le Dr Jean-Pierre Willem conseille Borrelia 200 K en cas de crise, (3 granules trois fois par jour).

Pour le traitement de fond, Borrelia 200 K (1 dose par semaine pendant un mois) à compléter de Borrelia 1 000 K (3 doses à dix jours d’intervalle).

Soutien à l’immunité

Enfin, le soutien à l’immunité est également indispensable, avec l’échinacée pourpre (teinture-mère, 50 gouttes matin et soir), mais aussi des champignons comme le maïtaké, le shiitaké ou le reishi.

Le colostrum, une substance issue du lait maternel, à raison de 1 gr à 2 gr par jour augmente, aussi les lymphocytes T et les Natural killers jusqu’à 300 % !

Du côté de l’alimentation, pas de surprises : il faut limiter la consommation de sucreries, laitages et graisses cuites, qui affaiblissent le système immunitaire.

De plus, il faut savoir que la Borrelia apprécie particulièrement les milieux acides.

Une alimentation riche en crudités, fruits, légumes, poissons (oméga-3) et huiles végétales (olive, colza, noix) est bénéfique pour l’équilibre acido-basique du corps, les défenses immunitaires, le drainage digestif ainsi que pour la protection de vos nerfs.

En cas d’acidose urinaire (aciditié excessive de l’urine), on peut consommer des alcalinisants comme les algues de spiruline (bio).

Voilà quelques-unes des pistes naturelles à emprunter lorsque la maladie de Lyme est diagnostiquée.

Mais en France, aujourd’hui, on voit combien le chemin est encore long pour que soit déjà reconnue…la souffrance des malades.

Car Lyme, ce n’est pas « dans leur tête ».

C’est dans leur corps, dans leur être.

C’est tous les jours un chemin de croix que la médecine a le devoir d’accompagner et de traiter. Sans arrogance ni mépris, deux curieux « médicaments » hélas trop souvent distribués, alors qu’ils n’ont jamais soigné personne.

Santé !

Gabriel Combris

Sources :

[1] http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2019/02/11/97001-20190211FILWWW00138-maladie-de-lyme-plainte-contre-un-medecin-dijonnais-pour-refus-de-soin.php

[2] http://lavdn.lavoixdunord.fr/353388/article/2018-04-07/les-onze-mois-d-enfer-de-yannick-17-ans-atteint-de-la-maladie-de-lyme

[3] http://tempsreel.nouvelobs.com/sante/20160711.OBS4459/la-maladie-de-lyme-explose-c-est-un-scandale-sanitaire.html

[4] https://www.lalsace.fr/actualite/2016/12/14/maladie-de-lyme-la-condamnation-de-viviane-schaller-confirmee-en-appel

[5] https://www.sciencesetavenir.fr/sante/maladie-de-lyme-la-drole-d-annonce-du-pr-luc-montagnier_30694

[6] Short-term effect of antibiotics on human gut microbiota. Panda. PLoS One. 18 avril 2014. doi: 10.1371/journal.pone.0095476

[7] http://www.associationlymesansfrontieres.com/questionnaire-lyme/

[8] https://www.ouvertures.net/bernard-christophe-la-maladie-de-lyme-est-sous-evaluee-en-france/

[9] https://www.altheaprovence.com/blog/maladie-de-lyme/