Chère lectrice, cher lecteur,

L’argile est « une terre grasse sur laquelle rien ne pousse. C’est la terre glaise des modeleurs et des potiers. Elle peut être verte, rouge, jaune, blanche, grise ; chacune a ses propriétés et il faut chercher celle qui convient le mieux à l’affection traitée ou au tempérament du malade ».

En lisant cette définition de l’argile proposée par le grand naturopathe Raymond Dextreit1, on comprend qu’utiliser l’argile pour se soigner relève de l’art.

C’est que l’argile, ajoute Dextreit, déploie une véritable « intelligence ».

« Intelligence ?! »

Il faut comprendre par là qu’elle agit avec discernement, entravant la prolifération des microbes ou bactéries pathogènes, tout en favorisant la reconstitution cellulaire saine.

L’argile est une « tête chercheuse », résume le docteur Jean-Pierre Willem : l’argile débusque, déloge, désincruste, solubilise et emporte vers les émonctoires toute micro ou macro-particule malsaine sans endommager les tissus sains.

Et en plus de ce pouvoir absorbant, elle possède aussi un pouvoir adsorbant : c’est-à-dire qu’elle est capable de fixer des molécules à sa surface (particules gazeuses, odeurs, métaux lourds, etc.)

Dans une expérience menée à l’institut de recherche microbiologique de Mitry-Mory, en région parisienne, les chercheurs ont montré que 25 grammes d’une argile illite pouvait éliminer d’un demi-litre d’eau ensemencé avec 100 millions de germes par millilitre :

  • 92,6 % des Escherichia coli (colibacilles)
  • 99,7 % des Staphylococcus aureus, le fameux staphylocoque doré, un germe extrêmement virulent
  • 95,5 % des Pseudomonas aeruginosa (pyocyanique), la terreur des hôpitaux !

L’argile contre les problèmes digestifs

Les troubles digestifs sont l’une des grandes indications de l’argile en « usage interne » (c’est-à-dire quand on l’avale).

Préparation : On mélange une cuillère à café d’argile verte dans un verre d’eau.

Laissez reposer 5 minutes au minimum, 1 journée au maximum.

La plupart du temps, on prépare son argile le matin et on la boit au coucher, ou bien on la prépare le soir et on la boit au lever.

Au moment de boire, mélangez la poudre et l’eau (avec une cuillère en bois) et ingérez le tout.

On utilisera de préférence également des récipients en bois, en verre ou en grès.

Le métal oxydable pourrait en effet « désactiver » certaines qualités de l’argile.

Un conseil si vous n’avez jamais essayer : l’argile s’apprend, l’argile se découvre…

Evitez la méthode « Grosse Bertha » et pendant les trois premiers jours, ne buvez que l’eau après décantation, pas le fond du verre, afin d’initier votre organisme en douceur.

L’argile contre les brûlures

Pour le docteur Jade Allegre, médecin et probablement la plus grande spécialiste actuelle des argiles, « elles sont le seul véritable recours en cas de brûlure et peuvent reconstituer la peau dans son intégralité sans la moindre cicatrice.

« En cataplasme, l’argile calme très vite les douleurs, mais elle évite infection et surinfection tout en favorisant la reconstitution de la peau. »

« C’est d’ailleurs pour cela qu’elle peut être utilisée aussi sur les plaies. Certains services hospitaliers l’emploient d’ailleurs en post-opératoire ou pour soigner les escarres»2. »

L’argile pour une jolie peau

L’argile régénère la peau.

Pour les peaux sèches, on utilise de préférence l’argile blanche, pauvre en minéraux mais riche en kaolinite3, en masque sur le visage.

Les peaux plus grasses préfèreront l’argile verte, qui « régule l’excès de sébum tout en éliminant les impuretés de la peau ».

Préparation : mélanger 3 cuillères à soupe d’argile verte à 2 ou 3 cuillères à soupe d’eau (et d’y ajouter éventuellement 1 goutte d’huile essentielle de Tea Tree, antiseptique et antifongique).

L’argile contre l’inflammation

Sous forme de cataplasme l’argile verte peut également calmer l’œdème et l’inflammation.

Elle peut ainsi se révéler très utile en cas d’entorse ou de tendinite, de bleu ou de bosse.

Le docteur conseille d’y ajouter une goutte d’huile essentielle anti-inflammatoire type Eucalyptus citronnée ou Gaulthérie pour plus d’efficacité.

On peut préparer sa pâte soi-même, mais il en existe aussi en tube, prête à emploi, en pharmacie ou parapharmacie.

Préparer un cataplasme d’argile, la méthode Raymond Dextreit 

Sur une table, poser une pièce de toile ou une feuille de chou.

Avec une spatule ou une cuillère en bois, étaler une couche bien régulière d’argile sur le tissu (ou le chou).

L’épaisseur peut varier de 5mm à 2 cm.

En principe l’argile est appliquée à même la peau, mais si le cataplasme est malaisément accessible pour une personne qui se soigne seule, une mousseline, gaze ou autre tissu léger est placé entre l’argile et la peau.

Une fois le cataplasme en place, recouvrir avec un linge sec, puis fixer avec : soit une bande collante, si l’endroit ne se prête pas à un bandage, soit avec une bande de tissu, soit avec une ceinture de flanelle ou autre tissu chaud si l’application est sur les reins, le foie, le ventre ou les poumons.

L’application peut durer une heure à toute la nuit.

L’argile prend soin des gencives

L’argile blanche est aussi utile contre les maux de dents en général et les gingivites en particulier. « On peut utiliser l’argile blanche en dentifrice en y ajoutant dans une petite cuillère à café de poudre d’argile une goutte d’huile essentielle Cyste en cas de saignement des gencives, d’eucalyptus citronné en cas de gencives gonflées ou de clou de girofle en cas de douleur dentaire », selon la pharmacienne Florence Raynaud-Delaval.

L’argile contre les douleurs articulaires

L’argile a des propriétés antalgiques et décontractantes efficaces contre les douleurs articulaires : arthrose, rhumatisme, mal de dos, etc. et on la retrouve bien sûr comme base dans la plupart des boues thermales employées en rhumatologie. « L’argile sert de transport à l’eau thermale, mais prolonge aussi ses effets thérapeutiques », le Dr Hugues Desfour, président des médecins thermaux de Balaruc-les-Bains.

Bien choisir son argile

J’aime bien ce conseil du Dr Jade Allegre, qui répond, quand on lui pose la question de la durée d’une cure d’argile : « dans les manuels les plus anciens, il est souvent conseillé de boire l’argile pendant trois semaines. Dans la réalité, il est bien plus intéressant d’écouter les réactions de votre corps. »

Faites confiance à votre corps et à l’argile…mais un peu moins aux fabricants…

Choisissez notamment une argile ayant subi des tests de teneur en plomb.

Pour la pharmaco-toxicologue Sylvie Hampikian, « la teneur en plomb diffère beaucoup d’un produit argileux à l’autre.

Par voie interne, surtout quand il s’agit de faire des cures, mieux vaut privilégier des marques comme Phytoconseil ou ­Super Diet dont les analyses affichent des taux de plomb rassurants ».

En revanche, ne faites pas de cure d’argile si vous souffrez d’hypertension, d’une occlusion intestinale ou encore d’un cancer du tractus digestif.

Et pour finir, rappelons que « manger de la terre » est une pratique courante dans certaines régions, notamment chez les femmes enceintes.

Les scientifiques ont démontré que cet effet était bénéfique : « la consommation de terre crée des anticorps IgA chez la mère, qui immunisent le fœtus contre les antigènes communs pendant la grossesse, et aident à programmer l’intestin du nouveau-né » explique le docteur Josh Axe dans son livre « Salement bon pour la santé ».

Dans nos contrées, les pratiques sont il est vrai un peu différentes.

Mais si cela vous intéresse, je vous suggère le shilajit, qui provient des terres riches en minéraux et nutriments des montagnes de l’Himalaya, et contient au moins 85 minéraux.

Le shilajit est particulièrement indiqué en cas de fatigue, de dépression et stimule la production d’énergie par les mithochondries.

Et bien sûr, si vous avez-vous-même des conseils à partager au sujet des argiles, faites-en bénéficier les autres lecteurs en commentaire de cette lettre…

Un grand merci par avance !

Gabriel Combris

 

Sources :

1 Raymond Dextreit, « L’argile qui guérit » : remarquable petit mémento de santé naturelle paru en 1957, et qui n’a pas pris une ride !

2 https://www.alternativesante.fr/argile/devenez-geophage-mangez-de-l-argile

3 Sur le plan thérapeutique, la kaolinite dispose d’un fort pouvoir couvrant et neutralise les excès d’acidité ou d’alcalinité par régularisation du pH. Elle active les mécanismes de la cicatrisation et réduit la constipation par effet de volume. Elle présente des vertus antibactériennes, anti-inflammatoires et cicatrisantes.