Chers amis,

Dans une lettre récente, je vous disais à quel point notre époque semble avoir perdu le lien avec le rythme de la nature.

Chaque saison en effet a son tempo, ses couleurs, sa musique particulière.

Le printemps chante doucement l’éveil, la nature s’y déploie, la vie rejaillit.

L’été explose, rougeoie, flamboie sous le soleil.

Puis à l’automne, c’est le début du repli, le grand stockage pour préparer l’hiver et son silence, quand la vie s’endort…avant de repartir pour un nouveau cycle !!

La Nature fonctionne sur ce rythme différencié depuis toujours. Elle ne vit pas en été comme au printemps, elle ne dort pas en automne comme en hiver. Elle ne soigne pas en hiver comme en été.

Mais nous ? Nous avons perdu le fil, et vous allez voir que des recherches récentes montrent à quel point cela peut affecter notre santé.

La même molécule, administrées à des heures différentes, ne produit pas le même effet !!!

En 2017, le prix Nobel de physiologie a récompensé les travaux de Jeffrey C. Hall, Michael Rosbash et Michael W. Young pour la découverte des mécanismes moléculaires de l’horloge circadienne.

Nous savons désormais que presque toutes nos cellules possèdent leur propre oscillateur interne, réglé sur environ vingt-quatre heures.

Ces horloges cellulaires orchestrent l’expression de milliers de gènes, modulant tour à tour l’inflammation, la sensibilité à l’insuline, la détoxification hépatique, la réparation de l’ADN ou encore la production d’énergie mitochondriale.

Autrement dit : notre physiologie n’est pas linéaire mais rythmique.

Or, que sont les molécules issues de la phytothérapie sinon des signaux biologiques ? Des messagers capables d’activer ou d’inhiber certaines voies physiologiques ?

Dès lors, une question s’impose : que devient l’effet d’un polyphénol, d’un alcaloïde ou d’un saponoside lorsqu’il rencontre un organisme dont les gènes s’allument et s’éteignent selon l’heure du jour ?

Les travaux récents en chronobiologie nutritionnelle commencent à apporter des réponses fascinantes à cette question.

Des études1 publiées dans Cell Metabolism ont par exemple montré que l’effet métabolique de certains composés polyphénoliques dépend du moment de leur administration, en interaction avec les gènes de l’horloge circadienne (BMAL1, CLOCK, PER, CRY).

En résumé, la même molécule, administrée à des heures différentes, ne produit pas les mêmes effets.

RESVÉRATROL, BERBÉRINE ET GINSÉOSIDES

Prenons le resvératrol, ce polyphénol issu du raisin et de la renouée du Japon, souvent présenté comme un modulateur du métabolisme énergétique.

Plusieurs travaux suggèrent que son efficacité métabolique dépend du contexte temporel dans lequel il est administré, notamment en lien avec la phase active ou de repos de l’organisme.

Prenons maintenant la berbérine, alcaloïde extrait de l’épine-vinette, qui agit sur la régulation glycémique. Or la sensibilité à l’insuline et la tolérance au glucose suivent un rythme circadien bien établi : elles sont plus efficaces le matin que le soir chez l’humain.

Quant aux ginsénosides du ginseng, connus pour leur action adaptogène, ils interagissent avec l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien et les rythmes du cortisol, eux-mêmes profondément influencés par le rythme circadien.

RENOUER AVEC LE KAIROS

En définitive, ce que la chronobiologie nous révèle, c’est que la plante n’agit pas dans le vide. Elle agit dans un organisme qui pulse, oscille, alterne.

Une plante prise au mauvais moment n’est pas forcément inefficace, mais elle peut être moins optimale.

Les Grecs anciens possédaient un mot pour cela : kairos.

Non pas le temps qui s’écoule (chronos), mais celui du « moment opportun ». L’instant juste. Faire le bon geste au bon moment.

En santé naturelle, nous avons longtemps insisté sur la qualité de la plante, la pureté de l’extraction, la justesse de la dose.

Il est peut-être temps d’ajouter une quatrième dimension : le timing.

Et c’est pourquoi je pense que la phytothérapie de pointe n’est pas seulement une médecine des molécules végétales, mais plus encore une médecine…des rythmes.

Une médecine capable d’accorder la plante à l’horloge intime de celui qui la reçoit.

Cette approche novatrice est au cœur même de l’encyclopédie médicinale « Se soigner par les plantes » qui est proposée aujourd’hui dans des conditions très avantageuses.

Vous pouvez cliquer ici pour la recevoir.

Mais d’ailleurs, n’est-ce pas là un retour subtil aux fondements mêmes du vivant. Car la nature n’est pas une mécanique. Elle est une symphonie. Et toute symphonie exige un sens…du tempo !

Gabriel Combris

Si le lien précédent n’a pas fonctionné, l’encyclopédie est accessible ici.