Chère lectrice, cher lecteur,
Pendant des années, au seuil de l’hiver, les présentoirs de pharmacies se sont peuplés de petites boites multicolores en accès libre, vendues comme des petits pains :

Et puis en 2024, changement radical. Voilà nos petites boîtes interdites à la vente libre, comme si elles étaient soudain devenues vénéneuses !

De fait, elles le sont, et en fait on le savait depuis des années !!!
« Les pouvoirs publics traînent visiblement pour prendre les décisions qui s’imposent : réserver la prescription de ces produits par un médecin, ou les retirer du marché », écrivait le dr.Martine Perez dans le Figaro…en 2012 [1].
En mars 2008, un rapport de la Commission nationale de pharmacovigilance, mettait déjà en garde contre leurs effets indésirables.
« Ces effets sont peu acceptables du fait de l’aspect bénin de la pathologie traitée. »
C’est le moins qu’on puisse dire. D’après la revue Prescrire :
« Les décongestionnants par voies orale et nasale (l’éphédrine, la naphazoline, l’oxymétazoline, la phényléphrine, la pseudoéphédrine et le tuaminoheptane) exposent à :
- des troubles cardiovasculaires graves voire mortels (poussées hypertensives, accidents vasculaires cérébraux, troubles du rythme cardiaque dont fibrillations auriculaires)
- et à des colites ischémiques.
Tout ça pour soigner un rhume….
Et ce n’est pas tout !!!
Le dr. Philippe Sopena, médecin généraliste qui a lui-même longtemps prescrit ces médicaments, a expliqué qu’il « avait tout juste découvert un certain nombre de malformations fœtales liées au fait que ces médicaments ferment les vaisseaux du nez, mais aussi les vaisseaux au niveau du placenta. Un risque réel qui était pourtant connu depuis 2004 » ! [2]
Quant aux raisons qui expliquent qu’il faille 20 ans pour prendre des décisions de santé publique urgentes, ce sont toujours les mêmes : argent, lobby, conflits d’intérêts, pas la peine de revenir là-dessus…
Ce qu’on doit faire, en revanche, c’est rappeler encore et encore à quel point la Nature met à notre disposition des trésors efficaces et sans risque contre les maladies de l’hiver.
Pour les anciens, c’était « l’arbre à fées »…Et il y avait une bonne raison
Un nombre important d’études montre tout d’abord l’efficacité des probiotiques pour le système immunitaire, via leur effet favorable sur la flore intestinale. Une étude clinique a notamment démontré qu’un supplément de probiotiques réduisait de 2 jours la durée du rhume.
Les résultats de plusieurs essais cliniques indiquent ainsi que les bactéries lactiques stimulent la production de divers anticorps dans l’organisme humain [3] [4] [5]. Par exemple, des suppléments de Lactobacillus GG ont procuré une protection significative, contre les infections du système respiratoire. [6]
Petite question, pour les amis des arbres : savez-vous pourquoi autrefois on plantait souvent un sureau noir près des maisons ? Un arbre censé « accueillir des fées qui allaient chasser les « esprits du mal ».
Cette image poétique du sureau, « protecteur des maisons », fonctionne aussi…au premier degré :
Car le sureau noir protège vraiment contre les sinistres visiteurs de l’hiver que sont les infections virales et autres troubles respiratoires (bronchites, sinusites, etc.).
La tisane de fleurs de sureau débouche le nez, chez l’adulte comme chez l’enfant. Comptez une pincée pour une tasse, à prendre quatre fois par jour.
Dans une étude randomisée en double aveugle de 2016, des voyageurs aériens enrhumés ont consommé durant 10 jours avant leur vol un extrait de baies de sureau. Ce seul traitement a permis de diminuer la durée de leur rhume et d’abaisser la sévérité de leurs symptômes par rapport au groupe placebo. [7]
Guéris de la grippe en 3 jours !
En Norvège, en 2000, en pleine épidémie de grippe saisonnière, une équipe de chercheurs a effectué une étude pour savoir si le sirop de sureau pouvait contribuer à guérir la grippe.
Ils ont donc sélectionné des adultes grippés, et quand je dis grippé, c’est VRAIMENT grippés, c’est-à-dire qu’ils ont écarté par analyse biologique les patients qui n’avaient qu’un simple rhume.
Soixante malades de la grippe A ont donc avalé quatre cuillères à soupe de sirop de sureau pour observer le résultat. La moitié du groupe a reçu un sirop à base de baies de sureau et l’autre un sirop avec les mêmes ingrédients SANS le sureau.
Résultat : le groupe « sureau » a guéri en deux à trois jours seulement contre une semaine pour l’autre groupe.
Les produits à base d’échinacée, une plante originaire d’Amérique du Nord, réduisent la durée des symptômes du rhume, par rapport à un placebo (revue Cochrane, février 2014). Prendre une cuillère à café d’extrait liquide toutes les 2 à 3 heures, en se limitant à 5 prises par jour jusqu’à ce que les symptômes commencent à disparaitre.
Je rappelle d’ailleurs que c’est un mélange d’échinacée d’Inde (andrographis) et d’éleuthérocoque qu’on retrouve dans une préparation dont vous avez peut-être déjà entendu parler : le « Kan Jang ». Les scandinaves l’utilisent pour lutter contre le rhume, la grippe et la pharyngite. [8]
Les couillons ne sont pas ceux qu’on croit…
Vous vous rappelez avec quelle violence, quelle méchanceté, les détracteurs de l’homéopathie se sont comportés il y a quelques années, allant jusqu’à traiter de « couillons » ceux qui utilisent les petits granules pour se soigner. [9]
Eh bien face à rhume carabiné, je dis que les couillons ne sont peut-être pas ceux qu’on croit.
Dans son livre « Homéopathie, l’abécédaire complet des maux du quotidien », le Dr Martine Gardénal rappelle à quel point l’homéo peut être utile.
D’abord, il faut se souvenir qu’un rhume traité dès les premiers symptômes ne doit durer que quelques heures.
Ensuite, première chose à faire : le lavage de nez. Bien nettoyer le nez plusieurs fois par jour avec de l’eau de mer tel que le plasma de Quinton ou de l’eau salée.
Au tout début : sensation de nez bouché à la racine : Sticta pulmonaria 5 CH, cinq granules quatre fois par jour.
Avec un nez bouché surtout la nuit : Nux Vomica 5 CH. Trois granules toutes les heures. Espacer dès amélioration.
Avec éternuements forts aggravés par le froid, avec sensation de brûlure et d’obstruction des narines : Sabadilla 5 CH. Trois granules toutes les heures. Espacer là-encore dès amélioration.
En cas d’écoulement nasal clair : Allium Sepa 5 CH. Trois granules toutes les heures.
Ecoulement nasal avec prurit à l’intérieur des narines : Arum Triphyllum 5CH. Trois granules toutes les heures.
Et avec ça je suis peut-être un couillon, mais un couillon qui respire…
Tous les chemins mènent au rhum
On ajoute des oligo-éléments de cuivre-or-argent, 500 g de vitamine C par jour, respirer quelques gouttes d’huiles essentielles dans de l’eau chaude (eucalyptus, thym, pin maritime, niaouli).
L’huile essentielle de menthe poivrée est décongestionnante et astringente. Elle resserre la muqueuse. Chez les adultes, 1 goutte, quatre à six fois par jour, à prendre dans du miel.
Bien penser à boire beaucoup, en particulier des tisanes de thym ou d’erysimum avec un peu de citron et du miel de manuka.
Mettre du camphre dans les pièces et du baume du tigre sous le nez (en petite quantité), et ne pas dormir dans une chambre trop chaude (19°).
Personnellement, j’aime beaucoup les inhalations à base d’eucalyptus au-dessus d’un bol d’eau bouillante. Deux à trois fois par jour, cinq à dix minutes à chaque fois. En faisant attention à ne pas se brûler.
Et bien sûr, on peut aussi se préparer un bon vieux grog au rhum, au jus de citron et au miel.
A boire sur le bord de son lit, pour mieux se recoucher après.
20 ans pour ne pas soigner une grippe d’un côté, 2 jours de l’autre…Franchement, il est temps d’en finir avec cette vision délirante.
Santé !
Gabriel Combris
