Je vous préviens, je ne divague PAS en affirmant qu’on ne connaît l’importance réelle du sommeil que depuis…1994.

Oui, 1994 !

C’est seulement grâce à une découverte faite cette année-là qu’on a compris comment le sommeil influençait directement des pathologies comme l’obésité, le diabète, ou même les troubles cérébraux et les maladies dégénératives.

Cette découverte, c’est celle de la…leptine. Du grec leptos qui veut dire : mince !

C’est la « Mastercard Gold » des hormones !

Une hormone « à part », qui comme l’insuline, influence toutes les autres hormones, et contrôle pratiquement toutes les fonctions de l’hypothalamus, cette structure du cerveau impliquée dans la régulation de grandes fonctions comme la faim, la soif, le sommeil, le comportement sexuel ou encore les émotions.

Vous voyez un peu le tableau !

Dans la série « hormone à traiter avec considération », la leptine c’est un peu comme un client « Mastercard Gold » !

Par conséquent, comme dit le neurologue américain David Perlmutter, « on est en droit de se demander pourquoi une hormone avec un rôle aussi crucial n’a pas été découverte plus tôt».

Il faut dire que la leptine était…très bien cachée.

A un endroit où on ne l’attendait pas du tout : dans les adipocytes, les cellules de stockage de la graisse !

Un monde…totalement fascinant.

Comment la leptine décide si vous avez faim ou pas

A la base, la letpine est un instrument de survie primitif.

Cette hormone est liée à la coordination de notre réponse métabolique, hormonale et comportementale en cas de famine. Elle a donc un effet important sur les émotions et le comportement :

Si la « signalisation » de votre leptine fonctionne correctement, lorsque vos réserves de graisse sont « pleines », un apport de matière grasse provoque une augmentation du niveau de leptine, qui indique alors à votre cerveau qu’il faut stopper la sensation de faim, cesser de manger et de stocker des graisses, et commencer à brûler l’excès de graisse.

C’est principalement en régulant la faim, que la leptine gère le stockage d’énergie.

La faim est un moteur très puissant, ancestral et profondément ancré qui, s’il est actionné suffisamment longtemps, vous pousse à manger et à stocker de l’énergie.

Le seul moyen de manger moins, à long terme, est donc de ne pas avoir faim.

Logique.

Et la seule façon de ne pas avoir faim est de contrôler les hormones qui régulent cette sensation, la principale étant la leptine.

Une étude publiée en 2004 par des chercheurs de l’Université de Chicago a ainsi montré que les personnes ayant un taux de leptine inférieure de 20 % à la normale, voient leur sensation de faim et leur appétit augmenter de 25 % et d’autre part, ressentent une envie plus marquée de consommer des aliments riches en calories et glucides…

Des niveaux par ailleurs trop élevés de leptine sont également associés à l’obésité.

Reste une dernière question, pour ceux qui suivent :

Comment, donc, ré-équilibrer la leptine, pour qu’elle joue à plein son rôle de « coupe-faim » ?

Deux mauvaises nuits et…

D’abord, par le sommeil, c’est ce que je vous disais au début de cette lettre.

Evidemment, cela semble un peu étonnant : comment le sommeil peut-il nous empêcher de grossir alors que notre corps dépense moins de calories en dormant ??

Ah oui, ça c’est vrai tiens, dites-le nous donc, Combris !

Eh bien c’est là qu’on retrouve notre leptine.

Le manque de sommeil fait en effet chuter le taux de leptine, alors qu’il entraine la hausse d’une autre hormone, la ghréline, qui de son côté…stimule l’appétit !

C’est « Plick et Plock », vous avez les deux gredins d’un coup ! Bref, le cercle vicieux dans toute sa splendeur.

Et l’addition d’une dette de sommeil se paie très vite : d’après les chercheurs, deux jours de réveil précoce ou d’endormissement tardif suffisent à dérégler le système!!!

Je vous renvoie à ma lettre complète sur le sujet, pour découvrir de très nombreuses solutions naturelles pour retrouver un sommeil de bonne qualité.

Mais je souhaiterais ici évoquer une question plus méconnue : celle de la résistance à la letpine.

Car de la même façon qu’on devient résistant à l’insuline (ce qui peut entraîner le diabète), une surexposition régulière à la leptine crée une résistance, et réduit en conséquence son pouvoir d’entraîner la satiété.

Si votre alimentation est riche en sucres, en céréales et en aliments transformés (le type d’alimentation qui augmente également l’inflammation dans votre organisme), lorsque le sucre est métabolisé dans vos cellules adipeuses, la graisse libère des vagues de leptine.

D’autres études ont par ailleurs montré qu’un taux de glycérides élevé, révélateurs d’une alimentation trop riche en glucides, favorise une résistance à la leptine. 

Le seul moyen connu pour rétablir une « bonne signalisation à la leptine », c’est de prévenir ces poussées, et il n’y a que l’alimentation qui peut vous aider à y parvenir.

Laquelle ?

Une alimentation à base d’aliments entiers, qui privilégie les végétaux et les bonnes matières grasses (par exemple les sardines, maquereaux, harengs, anchois mais aussi l’huile d’olive, les graines de chia, le lin, la noix la cameline, le colza, etc.) et évite les pics de glycémie, améliorera la sensibilité à la leptine, de sorte que votre cerveau pourra de nouveau recevoir les signaux envoyés par ces hormones. »

Les graisses, oui mais de quelle couleur ? 

Maintenant, une dernière chose qui intéressera les personnes qui veulent durablement perdre du poids.

Nous avons vu que les graisses constituent un fabuleux formidable réservoir énergétique auquel le corps fait appel lorsque ses réserves de glucides sont épuisées, notamment en période de froid, en cas de jeûne ou d’effort physique important.

Mais il faut savoir qu’il existe deux types de graisse (adipocytes) : les blanches, et les brunes.

Pour faire simple, les graisses brunes sont beaucoup plus riches en mitochondries (centrales électriques et thermiques cellulaires), elles oxydent les lipides et « brûlent » les calories plus rapidement pour produire de la chaleur.

Des travaux récents conduits par le professeur André Carpentier, de l’Université de Sherbrooke, au Canada, ont ainsi révélé que l’activation de la graisse brune conduisait, à la consommation de nos réserves adipeuses, ce qui pourrait en faire un outil extrêmement précieux dans la prévention du surpoids.

Ce d’autant qu’il est possible de transformer les graisses blanches en…graisses brunes.

Grâce à…l’exercice physique !

Une publiée dans la revue Disease Models and Mechanism a montré que, pendant l’exercice, les muscles libèrent une enzyme que l’on appelle l’irisine, qui provoque la conversion des cellules adipeuses blanches en cellules brunes.

D’autres habitudes, comme le fait de vivre et d’évoluer dans une atmosphère plutôt fraîche (19°maximum chez soi), ou encore de pratiquer régulièrement des « bains dérivatifs » (qui consistent à combiner un rafraîchissement et une friction des deux plis de l’aine et du périnée) , pourraient aider à la production de 30 % d’adipocytes bruns supplémentaires.

Bien dormir, faire régulièrement de l’exercice, avoir une alimentation végétale, équilibrée, riche en « bonnes graisses », et enfin vivre dans un environnement sain, pas surchauffé…on n’a pas fini de découvrir les bienfaits immenses de conseils en apparence si évidents ! 

Conseils auxquels il faut absolument ajouter le rire, aussi pour finir j’emprunte au célèbre New Yorker ce merveilleux petit dessin trouvé ici :

dessin facture

Santé !

Gabriel Combris

Sources

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15583226

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15602591

https://www.doctissimo.fr/html/psychologie/bien_dormir/8282-sommeil-bien-dormir-kilos.htm

https://www.thierrysouccar.com/bien-etre/info/bains-derivatifs-pourquoi-et-comment-les-pratiquer-2453

https://www.nature.com/articles/nm.3361

https://sherbrooke-innopole.com/nouvelles/le-dr-andre-carpentier-honore-du-prix-du-jeune-scientifique/