Chère lectrice, cher lecteur,

La découverte ne remonte qu’à quelques jours, et pourtant elle pourrait bousculer beaucoup de « certitudes » au sujet du covid.

En effet, après une analyse portant sur des milliers d’articles scientifiques, les chercheurs de l’EPFL en Suisse, ont montré que la variable biologique la plus déterminante dans la gravité des infections au Covid serait…votre taux de glycémie :

« Une glycémie élevée favorise pratiquement chaque étape de l’infection virale, depuis son apparition dans les poumons jusqu’ aux complications graves telles que le syndrome de détresse respiratoire aiguë, la défaillance multiple d’organes ou les accidents thrombotiques »1.

En d’autres termes, cela veut dire que plus vous avez de sucre dans le sang, et plus vous avez de risque de développer une forme grave (voire mortelle !!) du Covid.

C’est une information d’autant plus importante que beaucoup de gens se trompent sur la situation de leur glycémie.

 

Ce n’est pas parce qu’on n’a PAS de diabète qu’on est à l’abri…

En effet, ce n’est pas parce qu’on n’a PAS de diabète déclaré (c’est-à-dire une glycémie à jeun supérieure à 1,26 g/l) qu’il faut se croire pour autant à l’abri.

Il existe un stade intermédiaire entre une glycémie à jeun « normale » (comprise entre 0,75 et 1,05 gramme par litre) et le diabète (type 2).

Ce stade, c’est le prédiabète ; et comme l’écrit le dr Réginald Allouche, qui cumule 25 ans de pratique sur le sujet, il s’agit « d’une maladie à part entière »2 :

« Ce qui semble en apparence être une légère augmentation de la glycémie à jeun doit être prise au sérieux car elle annonce une détérioration de la fonction fondamentale de régulation du sucre dans l’organisme. »

« Le prédiabète est parfois appelé diabète 0 car il est la forme débutante du diabète de type 2 installé. Il prend place en silence car le patient ne souffre d’aucun symptôme ou signal d’alerte. »

Résultat : plus de 10 % des adultes en Europe ont un prédiabète. Aux USA, le chiffre monte à 33%…50% en Chine !

Le problème : l’immense majorité de ces personnes ignorent qu’elles sont prédiabétiques, et ne prennent donc aucune précaution spécifique alors même que la situation, à ce stade, est encore largement réversible.

C’est donc le moment de faire mesurer votre glycémie si vous ne la connaissez pas, et d’agir sans perdre de temps pour réduire le risque si vous êtes « pré-diabétique ».

…mais je veux déjà vous donner sans perdre de temps ses principaux conseils, compte tenu du rôle que pourrait jouer un taux de sucre élevé dans le sang sur l’aggravation de l’infection au covid-19.

 

9 conseils pour diviser par 2 le risque d’être diabétique, avec le dr.Réginald Allouche

1. Tout commence par les courses

Veillez à faire vos courses le ventre plein car il largement démontré que les effectuer le ventre vide augmente la quantité de produits achetés avec beaucoup de produits « inutiles » nutritionnellement. Si vous le pouvez, faites vos courses souvent pour acheter les produits les plus frais possibles.

2. Mangez à heures fixes

Le foie adore la routine car il cale son horloge interne sur l’horloge centrale de votre cerveau. Il n’aime pas les changements ! De plus, il est prouvé que les menus hebdomadaires variant peu favorisent la perte de poids. Ne sautez pas régulièrement de repas car votre foie va mettre en place des processus de stockage défavorables à la perte de poids.

3. Prenez le temps (avec calme)

Un repas doit durer au moins 21 minutes pour que la sensation de satiété puisse s’installer durablement. Il faut éviter la télévision et l’écran de son PC pour se consacrer à son repas. C’est le temps cognitif du repas. Si vous êtes distraits par des informations télévisées vous ne serez plus en mesure d’entendre vos signaux de satiété. Vous serez dans ce cas « poussé » à grignoter après le repas.

4. Prenez 3 repas par jour avec une collation

Entrée/plat/dessert est toujours la bonne méthode pour structurer son repas. Toujours la routine.

Une collation à 17 h avec une boisson chaude et un fruit comme une poire ou une pomme va vous permettre de ne pas vous ruer dans votre réfrigérateur à votre retour le soir avant l’heure du diner.

Evitez absolument de grignoter entre les repas et n’oubliez pas de boire 1 litre d’eau plate, tous les après-midis.

5. Devenez inspecteur de sucres et sels cachés !

Il est important de bien lire les étiquettes car si la consommation du sucre en poudre a baissé ces dernières années, la consommation globale de sucre, elle, a augmenté. En effet, le sucre est un bon texturant et adoucit les produits en masquant certaines acidités. Pour cette raison, les industriels l’utilisent dans beaucoup de leurs préparations, vous trouverez par exemple du sucre dans le liquide de salaison d’un pot de cornichons. Donc soyez vigilant et traquez également la présence trop importante de sel. Le prédiabète est souvent accompagné par l’hypertension !

6. Evitez les pics de sucres !

C’est un point extrêmement important. L’indice glycémique (IG) mesure la variation du taux de sucre sanguin (glycémie) induite par l’ingestion d’un aliment glucidique, la référence étant le glucose, doté d’un index glycémique de 100. L’échelle de mesure varie donc de 0 à 100. Quand on mange un aliment à indice glycémique élevé, cela entraîne une augmentation brutale du glucose dans le sang, laquelle déclenche une forte décharge d’insuline (qui favorise la migration du glucose vers les adipocytes et son stockage). Après quelques minutes, une chute rapide de la glycémie survient, entraînant un coup de faim et de fatigue… qui incite à grignoter un aliment sucré, et ainsi de suite. À l’inverse, les aliments à indice glycémique bas, eux, rassasient plus durablement sans favoriser le stockage. On parle

  • d’IG bas en deçà de 55 (par exemple crustacés, avocat, haricot, pain complet, quinoa, chou, lentilles, etc.)
  • d’IG modéré entre 55 et 70 (banane, melon, betterave cuite, châtaignes, igname,etc.)
  • d’IG élevé au-delà de ce seuil (pommes de terre, frites, sirop de maïs, carottes cuites, etc.)

7. Fruits : amis ou ennemis ?

Les fruits sont riches en fructose qui est un sucre à part. En effet, il n’est pas utilisable tel quel par vos organes et vos muscles, il faut qu’il subisse une transformation par votre foie. Cette transformation demande beaucoup de travail à votre foie et pendant qu’il traite le fructose, il ne fait grand-chose d’autre. Dans ce cas, il stocke les graisses et les sucres en trop dans sa propre matrice. Cela peut être le début du fameux foie gras (La NASH).

Pour respecter votre foie, mangez et mâchez le fruit, car il faudra un peu de temps à l’estomac pour en extraire les nutriments et les envoyer vers le foie.

Evitez à tout prix les « jus de fruits » ! Prendre un verre de jus d’oranges, cela revient à envoyer en direct l’équivalent de 4 oranges à votre foie ….

8. Limitez les acides gras saturées

Je recommande d’utiliser les huiles d’olive et de colza ainsi qu’un peu d’huile de noix. En effet, ces huiles sont plus riches en oméga-3 que les autres huiles. Les omégas-3 sont des acides gras insaturés anti-inflammatoires qui s’opposent à l’inflammation apportée par les oméga-6 (tournesol, soja, maïs). Il faut également limiter les plats en friture et les préparations panées trop riches en graisses afin encore et toujours d’épargner votre foie.

9. « Mouillez la chemise »

A partir de 45 ans, pratiquer une activité physique doit être considéré bien évidemment comme un plaisir mais aussi et surtout comme un travail, une mission ! On peut pratiquer 25 minutes tous les jours ou 50 minutes 3 fois par semaine, peu importe. Le bénéfice de l’exercice est énorme et son rapport qualité/prix imbattable.

Une bonne nouvelle, pratiquer moins de 25 minutes est aussi bénéfique. Une étude auprès de 400 000 personnes a montré que 15 minutes par jour font gagner 3 années de vie. Alors n’hésitez plus ! Votre foie aime l’activité physique car celle-ci lui permet de travailler mieux et moins longtemps. Les muscles sécrètent des hormones anti-inflammatoires au cours de l’exercice physique.

Un facteur important intervient : c’est votre masse musculaire. Il faut savoir qu’un kilo de muscle brûle sans bouger 30 kcal (calories) par jour. Donc plus vous aurez de kilos de muscles et plus vous brûlerez en dormant ! Bien évidemment, il faut débuter progressivement en tenant compte de votre forme physique et de vos préférences. Sachez enfin que l’exercice physique est un excellent antidépresseur.

Parmi les exercices recommandés, citons le jogging, la natation, la musculation, la danse sportive, la marche sportive, le vélo bien sûr, la montagne. La liste n’est pas exhaustive mais j’insiste encore une fois sur le fait de « mouiller sa chemise » pour l’exercice soit efficace.

Dernière chose, le massage diminue le stress. Tout récemment, on a montré que la caresse quotidienne et pendant 8 jours chez la souris renforçait le système immunitaire lorsqu’il était réalisé avec la main et non pas avec une brosse douce3.

 

Des caresses…Et des plantes bien sûr !

Voilà pour les « conseils d’urgence » du dr Allouche, que l’on peut évidemment compléter avec l’usage de nos chères plantes médicinales et épices qui, sur le sujet du diabète, sont d’une aide déterminante :

  • La cannelle rendrait les cellules du foie ainsi que les cellules musculaires plus sensibles à l’insuline. Dans une étude du Human Nutrition Center (USA), une pincée de canelle (2 à 4 g/jour) a baissé de 12 à 30 % le taux de sucre dans le sang en 40 jours.
  • Dans une autre étude, les patients à qui on a donné des clous de girofle ont connu une baisse de leur taux de glucose. De plus, les clous de girofle ont contribué à prévenir la formation de caillots sanguins, cause potentielle d’infarctus et d’accident vasculaire cérébral (AVC).
  • Les graines de fenugrec contiennent un acide aminé (4-hydroxyisoleucine) qui pourrait améliorer la libération d’insuline et diminuer l’absorption des1 gramme de graines de fenugrec améliore la glycémie en réduisant l’insulinorésistance.
  • La capsaïne, responsable du goût piquant du piment de Cayenne, augmente la production d’insuline par les cellules du pancréas4.

Parmi les plantes, je citerais notamment une étude de la revue Diabetes Care, qui a montré l’efficacité du gingembre et du curcuma en prévention chez les prédiabétiques et pour les complications du diabète5. Prendre 2 à 3 cuillérées à soupe de poudre par jour avant les repas

Et pour finir, un autre incontournable de phytothérapie contre le diabète : le ginseng.

C’est une plante qui ressemble un peu à un épouvantail avec des grandes jambes filandreuses et une tête vaguement humaine.

Un peu inquiétant, c’est vrai, mais bon…il ne faut pas juger sur les apparences :

en cas de diabète de type 2, le ginseng a révélé une capacité à améliorer la glycémie postprandiale, c’est-à-dire le taux de sucre dans le sang après avoir mangé. 3 grammes par jour à prendre le matin en raison de l’effet stimulant.6 

Santé !

Gabriel Combris

 

Sources :

1. https://actu.epfl.ch/news/l-ia-devoile-comment-le-glucose-avantage-le-virus-/

2. Révolution Santé, « Ignorer le prédiabète, c’est renoncer à guérir », Janvier 2021.

3. Massage-like stroking boosts the immune system in mice. Major B, Rattazzi L, Brod S, Pilipović I, Leposavić G, D’Acquisto F, Sci Rep. 2015 Jun 5;5:10913. doi: 10.1038/srep10913

4. D. X. Gram, B. Ahre ́n, I. Nagy et al., “Capsaicin-sensitive sensory fibers in the islets of Langerhans contribute to defective insulin secretion in Zucker diabetic rat, an animal model for some aspects of human type 2 diabetes,” European Journal of Neuroscience, vol. 25, no. 1, pp. 213–223, 2007

5. C. Scheider, Ginger’s Benefits for Type 2 Diabetes, Diabetes Care, march 2015.

6. Concernant les précautions d’usage, le ginseng reste contre-indiqué chez l’enfant, la femme enceinte, la femme allaitante, et chez la personne souffrant d’un cancer hormonodépendant du fait de l’action hormonale de type œstrogénique possible du ginseng. De même, on évitera le ginseng en cas de diarrhées, d’hypertension artérielle, de dépression, ou d’état nerveux avec insomnie.