Chère lectrice, cher lecteur,

« Ronfler, c’est dormir tout haut » disait Jules Renard.

Amusant.

On repense à une scène du film La Grande Vadrouille, quand Louis de Funès se trompe de chambre et se retrouve dans le lit d’un soldat allemand qui ronfle aussi fort à lui tout seul qu’une usine Volkswagen qui tourne à plein.

Alors de Funès s’énerve et se met à faire des bruits impossibles pour le faire taire : souffler, re-souffler, claquer des dents, imiter le canard etc. En vain. L’Allemand ronfle encore plus fort !

Ronfler, ça fait bien rire au début… Seulement cela peut cacher un problème nettement moins drôle.

Voici pourquoi.

Le cerveau prend sa douche

En 2012, des chercheurs de l’Université de Rochester, aux États-Unis, font une découverte incroyable : ils parviennent à comprendre ce que fait notre cerveau quand on dort.

Jusqu’alors, on n’avait qu’une vague idée : les cellules mortes sont renouvelées, l’ADN endommagé réparé, au cœur des cellules le processus d’autophagie a lieu… et puis… On supposait que le cerveau évacuait les très nombreux déchets générés par son activité dans la journée.

Mais on ignorait comment « la vidange » se faisait.

Jusqu’à ce que nos neuroscientifiques américains découvrent ces fameux « égouts » propres au cerveau, qu’ils ont nommé par la suite « le système glymphatique »1.

Pour imager leur propos, les chercheurs ont expliqué que la nuit, pendant la phase de sommeil profond, notre cerveau « prenait une douche » !

C’est le liquide céphalo-rachidien qui se charge de ce rinçage : l’espace dans lequel il circule augmente de 60% pendant le sommeil profond, permettant alors au liquide de drainer les déchets hors des tissus, et de les évacuer en rejoignant les vaisseaux du système lymphatique.2

Sur base de ces découvertes, les neuroscientifiques ont commencé à postuler qu’un trouble dans le système glymphatique pouvait être à l’origine de la maladie d’Alzheimer ou d’autres neurodégénérescences.

En effet, parmi les déchets qui ne s’évacuent plus lorsque « les égouts sont bouchés », on trouve la protéine bêta-amyloïde, directement impliquée dans le développement de la maladie d’Alzheimer.

Mais aussi de protéines alpha-synucléine dont la présence contribuerait au développement de la maladie de Parkinson3.

Reste à savoir ce qui coupe l’eau de votre douche cérébrale et entrave le bon fonctionnement du système glymphatique ?

Un manque, notamment, de sommeil profond.

Ronflements = signes d’apnée du sommeil ?

Or, un des signes qui doit vous mettre la puce à l’oreille, ce sont les ronflements.

En effet, ils sont le signe de troubles respiratoires du sommeil, et notamment de ce qu’on appelle « l’apnée du sommeil. »

Certaines études montrent chez les patients atteints d’apnées du sommeil des plaques amyloïdes formées dans le cerveau, aux mêmes endroits que chez les patients diagnostiqués pour la maladie d’Alzheimer.4

Ainsi ces apnées du sommeil empêcheraient le nettoyage nocturne du cerveau et favoriseraient la formation de plaque amyloïde.

Cette corrélation est inquiétante lorsque l’on sait que l’apnée du sommeil est largement sous diagnostiquée en France : 8 patients sur 10, souffrant d’apnée obstructive du sommeil, s’ignorent !!5

Présentez-vous ces signes ?

Si vous ronflez et que vous présentez un ou plusieurs de ces symptômes : somnolence diurne, au volant, fatigue, maux de tête matinaux, irritabilité, pertes de mémoire, réveils noctures fréquents, hypertension ou obésité…

…Alors il faut vraiment agir. Vous êtes peut-être, sans le savoir, en train d’accumuler des protéines dans votre cerveau… alors que vous pourriez, sans apnée du sommeil, voir votre cerveau se renettoyer normalement.

C’est en tout cas ce que suggère une étude : le traitement de l’apnée du sommeil diminue le déclin cognitif, même chez les patients souffrant déjà d’Alzheimer !!6

Il existe des solutions pour prendre en charge l’apnée du sommeil. La plus connue est le traitement par ventilation à pression positive continue : il s’agit d’un appareil qui insuffle de l’air en continu par le nez, grâce à un masque qu’on porte toutes les nuits.

Mais il existe d’autres solutions qui font preuve d’efficacité et qui peuvent être moins envahissantes7 :

  • la kinésithérapie linguale permettant de repositionner correctement sa langue, et ses 17 muscles ! En effet, le manque de tonus musculaire linguale et/ou la mauvaise posture de la langue fait que cette dernière pourrait « tomber en arrière » et obstruer les voies aériennes.
  • le port de gouttière, ou orthèse d’avancée mandibulaire, un dispositif sur mesure qui se présente comme un appareil dentaire en deux parties ajustées l’une sur le maxillaire supérieur, l’autre sur le maxillaire inférieur et articulées. Si on est diagnostiqué pour l’apnée du sommeil, ce dispositif est remboursé. Ce n’est pas le cas si on souffre « uniquement » de ronflements, même si ce dispositif s’est également montré efficace pour les atténuer.

En homéopathie, le docteur Martine Gardénal conseille Opium 9 CH (3 granules avant le coucher). A quoi elle ajoute des huiles comme l’eucalyptus, la lavande ou la camomille noble.

Vous pouvez les appliquer sur votre nez et votre gorge, les inhaler, ou les mettre dans un diffuseur dans votre chambre.

Dernière chose, vous pouvez aussi faire un gargarisme avec de la menthe avant de vous coucher.

Et pour finir, je vous propose une merveilleuse synergie d’huiles essentielles à base de petit grain bigarade (orange amer). 5 gouttes, 30 minutes avant le coucher à appliquer en massage sur le plexus solaire (sternum) pour retrouver un sommeil profond :

  • H.E. de petit grain bigarade (feuille) : 2 ml
  • H.E. de thé du La bardor : 0,5 ml
  • H.E. de ravensare aromatique : 1,5 ml
  • H.E. de Verveine odorante : 0,5 ml
  • H.E. de Nard de l’Himalaya : 0,5 ml
  • V. rose musquée : 5 ml

Si vous êtes concerné, je vous souhaite de retrouver rapidement un sommeil récupérateur. Et si vous avez expérimenté vous-mêmes des solutions intéressantes, n’hésitez pas à nous en faire part en commentaire.

Merci, et bonne nuit !

 

Sources : 

[1] https://www.urmc.rochester.edu/news/story/scientists-discover-previously-unknown-cleansing-system-in-brain

[2] https://www.edimark.fr/Front/frontpost/getfiles/24593.pdf

[3] Dr J.-C. Curtay, Vous n’aurez pas Alzheimer, Leduc Editions, 2021, p. 129.

[4] Dr J.-C. Curtay, idem.

[5] https://crts.fr/

[6] https://jnnp.bmj.com/content/85/12/1405.short

[7] Dr. Bernard-Le Bourvellec, Révolution santé n°31